« Comment construire une cathédrale ? » – Mark Greene (2016)

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Editions : Plein Jour (Les Invraisemblables) / Sortie : 2016 / 94 Pages / 12,00€ / Note★★★★

L’HISTOIRE

« Je m’aperçois, à ce moment-là, qu’il n’a presque plus de dents. C’est ainsi : il n’a presque plus de dents, et il s’en porte à merveille… Il est comme ça, Justo : il construit une cathédrale, excusez du peu, quand d’autres se font faire des implants ! Tout de suite, j’ai pensé : je me réjouis qu’il n’ait plus de dents. Je lui en suis reconnaissant… Il n’est pas important d’avoir de belles dents… On ne doit pas s’en faire, pour ses propres dents. Ce qui compte, c’est la vérité. » L’histoire de Justo Gallego qui, depuis plus de cinquante ans, construit, seul, une cathédrale dans la banlieue de Madrid. Quand un romancier rencontre un héros de l’acte absurde, Don Quichotte s’incarne soudain, et le roman devient réalité.

« Il faut, dit-il, revenir à plus d’austérité. La pauvreté est un trésor que nous avons perdu ».

MON AVIS

Ce livre raconte l’histoire de Justo Gallego, un maçon-architecte autodidacte espagnol, qui a aujourd’hui 91 ans, et qui est toujours très actif dans son travail. Ce qui m’a décidé à lire ce livre, c’est le reportage que j’avais vu sur ce monsieur il y a maintenant 3 ans je crois. Je trouve ça vraiment incroyable. Il construit cette cathédrale, tout seul, par ses seuls moyens, depuis maintenant plus de 50 ans ! Un courage et une force incroyable ! Si vous voulez en savoir plus sur cet homme, tapez son nom sur internet, vous trouverez plein d’informations. Il est épatant ! Ce livre est un récit de vie hors du commun. Je l’ai lu très très vite. Et puis, allez voir aussi les photos de cette fameuse cathédrale ! Elle est tellement belle ! C’est incroyable de se dire qu’il l’a construite tout seul, de ses propres mains !! J’adore lire des histoires comme celle-ci ! Pleine de vie !

Alexandra

« Dear Ijeawele, or a feminist manifesto in fifteen suggestions » – Chimamanda Ngozi Adichie (2017)

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Editions : Gallimard / Sortie : 2017 / 84 Pages / 8,50€ / Note★★★★★

L’HISTOIRE

À une amie qui lui demande quelques conseils pour élever selon les règles de l’art du féminisme la petite fille qu’elle vient de mettre au monde, Chimamanda Ngozi Adichie répond sous la forme d’une missive enjouée, non dénuée d’ironie, qui prend vite la tournure d’un manifeste. L’écrivain nigériane examine les situations concrètes qui se présentent aux parents d’une petite fille et explique comment déjouer les pièges que nous tend le sexisme, à travers des exemples tirés de sa propre expérience. Cette lettre manifeste s’adresse à tous : aux hommes comme aux femmes, aux parents en devenir, à l’enfant qui subsiste en nous et qui s’interroge sur l’éducation qu’il a reçue. Chacun y trouvera les clés d’une ligne de conduite féministe, qui consiste à croire en la pleine égalité des sexes et à l’encourager.

«  »Parce que tu es une fille » ne sera jamais une bonne raison pour quoi que ce soit. Jamais. »

MON AVIS

Après ma lecture en début d’année du livre de Maya Angelou (voir ma chronique), j’ai tout de suite voulu lire ce livre à sa sortie. Un texte féministe fort ! C’est un texte qui explique le féminisme de manière simple et belle. Les conseils de l’auteure sont très bons, et décrivent bien notre société actuelle. C’est un livre certes très court, mais extrêmement percutant ! C’est depuis le début de l’année que je lis ce genre de livre, et ça me plait de plus en plus. Si vous avez des conseils d’ailleurs, n’hésitez surtout pas !

C’est un essai qui n’a pour but de plonger tout le monde dans ce courant, mais il explique très bien ce qu’est le féminisme. Je pense que c’est tout de même à lire. Certains conseils que donne l’auteure sont le reflet de ce que beaucoup de femmes vivent aujourd’hui.  C’est un essai engagé, que je conseille de lire évidemment. Surtout qu’il se lit très vite. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que Chimamanda Ngozi Adichie met les hommes et les femmes sur un même pied d’égalité, et ne va pas forcément chercher à mettre la femme au-dessus. De plus, tous ses conseils sont basés sur des expériences de sa propre vie. C’est une source d’inspiration. Bonne lecture !

Alexandra

« Nos 14 Novembre » – Aurélie Silvestre (2016)

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Editions : JC Lattès / Sortie : 2016 / 276 Pages / 15,00€ / Note★★★★★

L’HISTOIRE

« C’était un vendredi, la vie était belle ». Le cauchemar est arrivé un soir de novembre sans crier gare et la vie d’Aurélie ne sera plus jamais comme avant. Matthieu avait prévu de rentrer tôt après le concert d’Eagles of Death Metal. A 21h46, il lui envoie son dernier texto : « ça, c’est du rock ». Quelques secondes plus tard, les terroristes entrent au Bataclan et font basculer des dizaines de familles dans l’horreur. Matthieu ne reviendra pas. Aurélie, au moment du drame, est mère de leur fils de trois ans et enceinte de cinq mois. Entre deuil et naissance, le livre raconte, d’un automne sanglant à un printemps layette, le combat invisible et émouvant d’une jeune femme qui ne veut pas renoncer à l’énergie, à la joie et au bonheur. Comment préparer une naissance lorsque l’on pleure le père de l’enfant à venir ? Comment rebondir quand tout vous assigne au statut décourageant de victime ? En partant de photos qui disent la quotidienneté de l’absence et la puissance de la vie qui s’accroche, elle témoigne de ce que fut une histoire d’amour assassinée et de ce que sera sa famille, amputée mais debout. Quand la vraie vie ressemble à une tragédie où la mort et la vie se livrent un combat féroce.

« La seule chose que l’on puisse faire, c’est s’aimer plus fort. »

MON AVIS

Un texte incroyablement fort ! J’ai pleuré tout le long. J’étais d’autant plus touchée car je connaissais le mari d’Aurélie Sylvestre. Il était mon professeur de Géographie et de Mondialisation à la FAC il y a à peu près 4 ans. Et c’était quelqu’un de génial ! Un professeur hyper gentil et humain

Je l’ai lu en une soirée. Et sans pouvoir m’arrêter de pleurer. C’est d’autant plus dur lorsqu’on connait les visages. Cette femme a une force incroyable ! Une lecture puissante ! Qui donne l’envie de vivre. De survivre. D’aimer ! Je pense que tout ceux qui ont connu Mr Giroud (même en tant que professeur comme moi, je pense à tous les étudiants de Marne-la-Vallée), devraient le lire. Ça fait du bien de le lire. On oubliera jamais notre professeur. Gentil et patient. Il m’avait marqué pour ça. Je suis arrivée avec deux semaines de retard en cours (je ne rentre pas dans les détails) et contrairement à d’autres profs qui me disaient de voir avec mes camarades, lui ma tout donné et ma intégré au groupe dès le premier jour. Cela peut paraître idiot pour certains, mais j’étais à cette époque assez renfermée et timide. Alors avoir un professeur aussi pédagogue ça met en confiance. Et ça aide. Et rien que pour ce petit geste, il fait partie du petit nombre des professeurs qui ont marqué mes études. Merci !

Aujourd’hui, nous vivons malheureusement dans un monde de peur, et de cruauté. Et nous n’avons pas le choix, il faut vivre avec, faire avec. Mais il ne faut pas se laisser dominer par la peur. Je sais c’est facile à dire. Je suis la première à stresser quand il s’agit de prendre les transports, de me rendre à un concert, ou à de gros évènements. Mais l’envie est bien plus forte. Alors je surmonte cela. Vivez !!

Alexandra

« A Long Way Home » – Saroo Brierley (2013)

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Editions : City / Sortie : 2013 / 256 Pages / 17,90€ / Note★★★★★

L’HISTOIRE

C’est un jour comme un autre dans la vie de Saroo. Le garçon, âgé de cinq ans, est dans une gare du fin fond de l’Inde en train de ramasser quelques pièces lorsqu’il monte dans un train à quai. Le lendemain, Saroo se réveille à Calcutta. Dans l’immense ville, il est complètement seul, sans aucun papier. Il est recueilli par un orphelinat où, quelques mois plus tard, un couple d’Australiens va l’adopter. Saroo grandit, mais, depuis l’Australie, il pense toujours à sa famille biologique. Pendant 25 ans, il scrute les rues et les villages indiens sur Internet, à la recherche d’images familières. Et là, le miracle se produitL’orphelin va alors se lancer dans un long voyage pour enfin retrouver sa mère et rentrer à la maison.

« Voilà vingt-cinq ans que je pense à ce jour. J’ai grandi à l’autre bout du monde, avec un nouveau nom, dans une nouvelle famille, en me demandant si je reverrais un jour ma mère, mes frères et ma sœur. Et me voici aujourd’hui devant une porte, au coin d’un bâtiment délabré, dans un quartier pauvre d’une petite ville poussiéreuse de l’Inde centrale ; le lieu où j’ai passé mon enfance. »

MON AVIS 

J’ai finalement décidé de commencé par celui-ci pour mon challenge d’Avril (voir article). Et oh mon Dieu ! J’avais été très chamboulée devant le film (voir mon avis). Et l’histoire m’avait fascinée et très impressionnée ! J’avais fait plein de recherches sur Saroo et vu plein de vidéos. Je voulais en savoir plus. Quand j’ai appris que Saroo, le héros de cette histoire, avait écrit son histoire, je n’ai pas hésité. Je me suis tout de suite acheté le livre.

Je l’ai lu en 2 jours ! C’est incroyable ! J’ai ressenti les mêmes émotions que pendant le film. C’est dur, triste, et émouvant ! Ce petit Saroo a vécu une histoire hors du commun. Il est l’exemple même du courage et de la volonté. Son témoignage est bouleversant. On se rend compte que certains passages ont été un peu modifié dans le film, mais d’autres trouvent plus de détails dans ce témoignage. Il avait beau n’avoir que 5 ans lorsqu’il s’est perdu, il garde en mémoire des détails impressionnants de ce qu’il a vécu dans la rue et dans ce fameux train qui l’a emporté si loin de chez lui.

Lorsqu’il évoque toute la recherche qu’il a mené pendant près de 5 ans il me semble, je ne pouvais plus lâcher le livre. Les pages défilaient sans que je m’en rende compte. Même si je connaissais la suite, j’était entrainée avec lui dans ces recherches, je voulais qu’il retrouve sa famille ! Je n’imagine même pas ce qu’il a dû ressentir lorsqu’il a finalement réussi à retrouver sa ville natale grâce à Google Earth ! Comme quoi Internet a du bon ! Sans Google et sans Facebook, il n’y serait peut-être jamais parvenu !

C’est un témoignage qui ne laisse clairement pas indifférent. On y voit la pauvreté de certains quartiers en Inde, la vie de violence et de peur que vivent les enfants là-bas, principalement quand ils sont livrés à eux-mêmes. C’est vraiment abominable, de savoir ça, ça me met hors de moi. Si je pouvais faire quelque chose, je le ferais. Peut-être donner de l’argent aux associations qui viennent en aide à ces enfants indiens. J’ai vu qu’il en existait. Et nous parfois qui nous plaignons pour un rien… Je vous assure que ça donne à réfléchir. On ne peut pas rester de marbre face à une telle situation, ni devant tous ces enfants, ni devant l’histoire de Saroo. Ce qui m’a surtout impressionnée, c’est la fin, lorsqu’il raconte qu’il a refait tout son voyage quand il avait 5 ans, tout son voyage lorsqu’il était perdu. La façon dont il raconte cela est bouleversanteUn livre que je vous recommande fortement. Saroo est incroyable !

Alexandra

« Se questo è un uomo » – Primo Levi (1947)

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Editions : Pocket / Sortie : 2003 (Réédition) / 272 Pages / 6,30€ / Note★★★★

L’HISTOIRE

On est volontiers persuadé d’avoir lu beaucoup de choses à propos de l’holocauste, on est convaincu d’en savoir au moins autant. Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l’accumulation, on a envie de crier grâce. C’est que l’on n’a pas encore entendu Levi analyser la nature complexe de l’état du malheur. Peu l’on prouvé aussi bien que Levi, qui a l’air de nous retenir par les basques au bord du menaçant oubli : si la littérature n’est pas écrite pour rappeler les morts aux vivants, elle n’est que futilité.

« C’est curieux comme, d’une manière ou d’une autre, on a toujours l’impression qu’on a de la chance, qu’une circonstance quelconque, un petit rien parfois, nous empêche de nous laisser aller au désespoir et nous permet de vivre. »

MON AVIS

Cela faisait longtemps que je me disais qu’il fallait que je lise ce classique, historique ! Mon frère m’a donc prêté son exemplaire de Primo Levi. Alors je vais commencer par le petit point qui m’a gêné : l’écriture. J’ai eu assez de mal à le lire. C’était très très lent. Mais sinon c’est juste incroyable ! Je pense qu’on ne se rend pas compte de ce que ces gens ont vécu dans ces camps, jusqu’à ce qu’on lise leur témoignage. C’est puissant, et très fort ! Tous les détails, tous les évènements qu’il a vécu là-bas avec ces camarades d’infortune, c’est malheureux, effrayant, scandaleux, révoltant ! C’est un témoignage bouleversant, et qui ne laisse évidemment pas indifférent. Il n’y a pas de mots pour décrire l’horreur de ces camps, et pourtant, Levi pose ces mots avec beaucoup de recherches et de coeur. Cela a dû être difficile d’écrire tout cela.

Alexandra

« Mom and Me and Mom » – Maya Angelou (2014)

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Editions : Noir sur Blanc (Notabilia) / Sortie : 2014 / 136 Pages / 15,00€ / Note★★★★★

L’HISTOIRE

Dédié à celle qu’elle n’a jamais eue, Lettre à ma Fille est une succession de courts textes décrivant les souvenirs qui ont façonné la vie exceptionnelle de Maya Angelou. Féministe avant l’heure, et après une enfance et une adolescence marquée par la violence, elle écrit avec le coeur de millions de femmes qu’elle considère comme ses soeurs de combat. La littérature la sauvera et l’amènera à être la première étudiante noire d’une école privée. Puis elle fréquentera le milieu intellectuel noir-américain et deviendra une grande militante de la condition des femmes noires. C’est grâce à l’écrivain James Baldwin qu’elle se mettra à écrire après la mort de Martin Luther King et deviendra l’auteure que l’on connaît aujourd’hui. Dans ce captivant récit, l’auteure nous fait partager ses combats et les épreuves qui ont forgé son caractère dans la compassion et le courage.

« Ma chérie, j’y ai beaucoup réfléchi, mais maintenant j’en suis convaincue : tu es la femme la plus formidable que j’ai jamais rencontrée. »

MON AVIS

C’est un gros coup de coeur pour moi. Je l’ai dévoré en très peu de temps. Cela faisait un moment que je voulait découvrir Maya Angelou, une femme qui s’est battue, qui était une grande militante américaine ! Auteure et poétesse, elle a un style absolument incroyable : simple, accrocheur, beau. Si vous voulez découvrir un texte sur le féminisme, le droit et les conditions des femmes, je vous le conseille. C’est avec lui que j’ai commencé et c’est incroyable. J’étais vraiment fascinée ! Et pour ceux et celles que ça intéressent, sachez que ce livre fait partie de la liste d’Emma Watson dans son club de lecture sur GoodReads (lien par ici). C’est d’ailleurs comme cela que je l’ai découvert. Ce livre retrace son enfance, qui n’a vraiment pas été facile. Et ces débuts en tant qu’auteure. Une vie marquée par la violence, et le rejet des droits envers les femmes. Elle deviendra finalement, après des années de lutte, la première étudiante noire américaine !  Un véritable exemple de force et de courage ! Une femme qui a largement contribuée aux droits des femmes ! De plus, les textes sont courts et poétiques. Ils se lisent vite, et sont vraiment très jolis !

Alexandra

« S’enfuir : Récit d’un Otage » – Guy Delisle (2016)

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Editions : Dargaud / Sortie : 2016 / 428 Pages / 27,50 € / Note★★★★★

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En 1997, alors qu’il est responsable d’une ONG médicale dans le Caucase, Christophe André a vu sa vie basculer du jour au lendemain après avoir été enlevé en pleine nuit et emmené, cagoule sur la tête, vers une destination inconnue. Guy Delisle l’a rencontré des années plus tard et a recueilli le récit de sa captivité – un enfer qui a duré 111 jours. Que peut-il se passer dans la tête d’un otage lorsque tout espoir de libération semble évanoui ?

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S’Enfuir : Récit d’un Otage (2016)

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C’est d’une très très grande force ! C’est incroyable ! On est happée dans cette histoire, qui est d’ailleurs véridique ! C’est d’autant plus fort comme sentiment ! Un récit poignant, qu’on ne lache pas. Cet homme a vécu l’enfer, un vrai calvaire, mais il s’est accroché, malgré ces nombreux moments de doutes et de désespoir. Il a tenu bon. Le fait que se soit une BD, nous montre un peu plus ce qu’il a pu vivre là-bas. Les illustrations sont superbes. Pas de couleurs, uniquement du blanc et du bleu, ce qui renforce le drame de cette histoire. Les petits détails montrent également le temps qui passent (je pense notamment à la barbe de Christophe, qui au fil des pages, se voit de plus en plus). Ce roman graphique raconte page après page, les 111 jours de détention de Christophe, en 1997. Quel courage ! Cette BD fait vraiment réflechir, et montre à quel point ces gens sont courageux et incroyables ! Un véritable exemple ! Encore une fois, après voir lu ça, je me suis renseigné sur lui. Quand ça m’intéresse, je ne peux pas m’en empêcher ! A lire et réflechir !

Alexandra